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08/06/2016

AS Monaco? La bonne affaire des transferts 1/2

18 février 2005. Stade Louis II, Monaco. L’arbitre siffle le coup d’envoi du match AS Monaco FC-Olympique lyonnais. A cette époque Lyon est le roi de Ligue 1 en arrivant en Principauté, les autochtones sont troisième au classement général, place où ils ont terminé la saison précédente.

Il fait plutôt doux comparé au stade lyonnais Gerland à la même époque et pourtant il fait froid. Le stade est beau, les gens sont élégants, mais l’ambiance est glaciale, les sièges vides de la tribune d’en face renvoient les faibles applaudissements d’un public poli.

Un partout. Match nul. Je ne pourrais pas mieux le décrire. Bientôt dix ans de journalisme sportif et aucun match ne m’aura aussi peu marqué que celui-là. Dans les sept rédactions avec lesquelles j’ai collaboré, je n’ai jamais rencontré un confrère "monégasque". Jamais. Parisiens, Marseillais, Stéphanois, Lyonnais, Bordelais, Nantais? Oui. Mais jamais de monégasques. Je ne me souviens pas non plus de copains qui se battaient pour prendre l’ASM pour s'affronter dans un jeu vidéo. J’ai bien croisé quelques garçonnets emmaillotés avec un flocage de Ludovic Giuly ou leur propre prénom lors de séjours dans le sud, mais si je m’en souviens, c’est que cela m’a choqué.

Si depuis quelques années, l’AS Monaco (ASM) s’est imposé comme un acteur central du mercato européen, ce n’est pas grâce à la ferveur des supporters. Quoique. Il se dit que S.A.S. Albert II de Monaco, lui-même athlète professionnel à la retraite, serait fan de son club. Certains anciens joueurs qui n’auraient plus à prouver leur talent sont également très attachés au rocher.

La Loge Royale

Ces supporters VIP seraient-ils les VRP de l’ASM? Probablement. Et que ceux qui n’ont jamais rêvé de sauver leur club leur jettent la première pierre précieuse!

Fini le foot à la papa voire à la papy, qui, de guerre lasse, a quitté la résistance sur un échec. Lorsque les premiers transferts à plus de cents millions ont été signés par l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev - le nouveau propriétaire du club depuis 2011, dont les intérêts apparaissent aujourd'hui tous sauf footballistiques - les supporters du club se sont réjouis. Le milliardaire mettait la main sur le club après ses échecs à acquérir Manchester United ou le Dynamo Minsk... Peu importe le maillot, pourvu qu’on ait l’ivresse.

L’ASM n’a pas créé les règles du foot-business, mais s’est contenté de les suivre. En termes de revenu pour son propriétaire, il est l’un des premiers de la classe même. Il faut dire qu’il a les moyens de ses ambitions, Monaco n’est pas Sochaux.

Entre parenthèse, j’ai raté ma carrière de WAGs (Wives and Girlfriends, acronyme désignant les femmes de footballeurs), mais je dois bien admettre que si mon mari avait le niveau, j’aurais bien insisté pour faire signer à «bébé» un juteux contrat de trois ans renouvelable avec avantages fiscaux, Ferrari et condominium de fonction avec terrasse pour suivre le Grand Prix de F1 chaque année. Je n’aurais rien eu contre avoir accès au country-club et prendre le thé à l’hôtel de Paris puis ramener les enfants de l’école bilingue à pied en toute sécurité. Je ne suis pas la seule à apprécier tout particulièrement ce lifestyle. La grande vie étalée sur deux kilomètres carrés.

Ici se pose l’éternel problème de l’offre et de la demande, ainsi l’ASM se permet de sélectionner les meilleurs joueurs, entraîneurs, et par extension: les sponsors. Ceux qui habillent le décor.

Même si cette valeur tend à se perdre dans le football, il va falloir être fair-play, admettre que globalement le redressement a réussi. La Ligue 2 ? Oubliée. Actuellement troisième du championnat de France, le staff peut être fier du travail accompli mais se pose des questions sur l'avenir.

Pas étonnant, car avec un propriétaire comme Dmitri Rybolovlev – qui, rappelons-le, n’est pas là pour perdre, ni son temps, ni son argent –, mieux vaut être efficace car le retour doit être à la hauteur de l’investissement.

Justement, vient le moment de parler chiffres, du gros chiffre qui tâche avec beaucoup de zéros dedans…

 

14:57 Publié dans Blog, Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

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