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19/10/2016

ASM contre CSKA : l’absence remarquée de Rybolovlev à Moscou

Fait absolument inhabituel, le Président de l’AS Monaco ne s’est pas rendu à Moscou pour assister au match de son club contre le CSKA. Le landerneau s’interroge : l’oligarque aurait-il peur de retourner sur sa terre natale ? Pourquoi : son passé chargé risquerait-il de le rattraper ?

 

Pour Rybolovlev, ça sent le roussi en Russie…

Pourquoi l’oligarque n’a-t-il pas fait de déplacement à Moscou pour assister, comme il le fait toujours, aux matches importants de l’AS Monaco contre le CSKA ? Cette absence questionne à juste titre. Les relations de Dmitri Rybolovlev avec le Kremlin depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir n’ont jamais été bonnes. Le Président russe n’affiche aucun respect pour ces oligarques qui ont ruiné son pays pendant la période Eltsine, néanmoins le Président de l’AS Monaco retournait régulièrement sur la terre-mère sans jamais être inquiété. Mais la situation paraît s’être beaucoup dégradée. Le 5 octobre dernier, Vladimir Poutine a ordonné de vérifier la conformité d’Uralkali avec la législation. En clair, le Président russe veut rouvrir le dossier de l’accident survenu dans la ville de Berezniki, en 2006, époque où le Président du groupe de potasse Uralkali s’appelait Dmitri Rybolovlev ! Les habitants de la région de Perm continuent à subir les conséquences de la catastrophe écologique qui s’est produite dans la mine numéro 1 d’Uralkali. Si pendant les dix années écoulées les autorités russes avaient, plus ou moins, fermé les yeux sur la responsabilité personnelle de l’oligarque cette époque est révolue. En effet, des documents prouvant son implication directe dans ce qui est appelé « le deuxième Tchernobyl » ont opportunément fuité dans la presse moscovite.

Mais ce n’est pas la seule affaire qui sonne le glas de l’oligarque en Russie. Un autre dossier, vieux de 20 ans, refait surface : celui de l’assassinat d’Evgueni Panteleymonov. Un meurtre qui avait envoyé Dmitri Rybolovlev derrière les barreaux dans la prison de Perm pendant 11 mois avant de ressortir miraculeusement blanchi par son principal accusateur et la veuve de la victime. Mais une fois encore, des éléments du dossier pénal ont fuité dans la presse russe et ils sont terribles pour le patron de l’AS Monaco : « Au mois d'août 1995, Rybolovlev D.E., sans posséder de licence correspondante, s'est procuré, auprès d'une personne inconnue et dans un endroit inconnu, 2 pistolets de système TT dont un pistolet étant le TT numéro BM 07419 de calibre 7.62 mm. Au mois d'août 1995, Rybolovlev a conservé et porté ces pistolets avec leurs munitions puis, près de l'immeuble situé au 64 rue Lénine à Perm, les a transmis avec leurs munitions à Lomakine O.G. afin que ce dernier les utilise pour l'exécution de l'assassinat prémédité de Panteleymonov E.N.»  

La résurgence de cette vieille affaire n’est pas anodine d’autant qu’elle est concomitante avec la réouverture du dossier Uralkali qui a eu lieu le 5 octobre 2016. Cette date n’est, sans doute, pas fortuite non plus. Le 6 octobre le Prince Albert de Monaco était reçu en grande pompe au Kremlin. Connaissant la diplomatie russe, il parait impensable qu’elle n’ait pas informé Monaco de la réouverture de l’enquête concernant le Président de l’AS Monaco à la veille de la réception. Il paraît impensable également que le dossier « Rybolovlev » n’ait pas été mis sur la table lors de la rencontre des deux chefs d’Etats. La mauvaise nouvelle pour l’oligarque est qu’Albert II ne s’est pas opposé aux poursuites… A la lumière de ces éléments l’absence du Président de l’AS Monaco le 18 octobre à Moscou paraît justifiée. L’ancien Président d’Uralkali a joué la prudence, il connaît déjà les geôles russes !

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