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02/11/2016

Les plus-values de Dmitry Rybolovlev qui détruisent sa défense

Dans la liste des transactions d’art les plus spectaculaires, la vente du Serpents d’eau II de Gustav Klimt tient son rang. Dmitry Rybolovlev, le président de l'AS Monaco, a en effet récemment cédé le tableau du symboliste autrichien à une avocate hongkongaise, pour pas moins de 200 millions de dollars. Une fois de plus, les aléas du marché de l’art mettent l’art lui-même en deuxième, voire en dernier plan, et changent les œuvres en prétextes marchands, voire guerriers.

La nouvelle prend d’abord une place toute particulière dans l’affaire judiciaire mondiale qui oppose l’oligarque russe au suisse Yves Bouvier, puisqu’elle discrédite totalement Rybolovlev et la ligne de défense à laquelle il s'accroche depuis février 2015. En effet, ce dernier effectue un bénéfice plusieurs millions de dollars à la vente, alors qu’il clame avoir été lésé sur la valeur d’achat par la marchand genevois. Mais aussi, l’acquisition de l’œuvre par l’avocate Rosaline Wong replace la transaction dans un contexte mafieux d’échelle internationale.

On sait la proximité, si ce n’est l’appartenance, de Dmitry Rybolovlev avec la mafia russe, qui l’avait aidé dans les années 90 à acquérir Uralkali (société qui avait fait sa fortune). On savait aussi que des liens l’unissaient avec l’oligarchie malaisienne impliquée dans l’affaire 1MDB — affaire qui concerne le détournement de 4 milliards de dollars. On découvre maintenant que le magnat russe marchande avec le milieu hongkongais incarné par Joseph Lau, pour qui l’avocate acquéreuse du tableau travaille depuis vingt ans. Notons que Lau est impliqué, tout comme Rybolovlev qui a même été condamné pour complicité de meurtre, dans plusieurs affaires de corruption et de détournement. Après avoir offert 2 millions de dollars pour faciliter la construction d’un casino à Macao, le hongkongais est reconnu coupable de corruption sur un agent de l’État et condamné à 5 ans et trois mois de prison. Aujourd’hui, il ne doit sa liberté qu’aux conditions d’extradition impossibles depuis Hong-Kong.

Avec cette nouvelle relation sulfureuse, Dmitry Rybolovlev sape encore lui-même son dossier dans l’affaire qui l’oppose au marchand d’art Yves Bouvier ; celui-là même qui, il y a encore trois ans, bataillait pour lui dénicher le tableau de Klimt.

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