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10/02/2017

Qui sponsorise l’AS Monaco ?

Sait-on ce qui se cache réellement sous les lettres FEDCOM, inscrites en lettres capitales sur le maillot des footballeurs de l’AS Monaco ? Fedcom est le principal sponsor du club de football de la Principauté. Il s’agit du diminutif de Fedcominvest, qui est une société russe de soufre et d’engrais. Son patron s’appelle Alexeï Fedorichev. En 2002, il avait l’ambition de racheter le club de football de Monaco. La transaction était presque faite quand une note des services de renseignements français la fit avorter. Fedcominvest était désignée comme la « vitrine légale » de la mafia russe. Alexeï Fedorichev aurait injecté 100 millions d’euros dans le club si sa société, immatriculée sur l’île de Man, un paradis fiscal bien connu des milliardaires et des autorités, ne s’était montrée un handicap plutôt qu’un atout dans cette affaire. Pour se consoler, Alexeï Fedorichev achète en 2005 le club de football du Dynamo Moscou. Celui que les médias occidentaux désignent comme le « club maudit » et qui a hérité depuis les années 1920 du surnom de « musor », qui signifie en argot déchet ou poubelle, sied beaucoup mieux au milliardaire mafieux. Depuis sa création par le patron de la Tchéka, les services secrets russes, en 1923, le Dynamo Moscou est gangrené par les barbouzes et les mafieux. Fedorichev achète quasiment l’équipe du FC Porto championne d’Europe pour l’installer au Dynamo Moscou. Il procède avec la même autorité stupéfiante que Staline lorsqu’il démantela le Spartak Moscou et le CSK Moscou pour mettre leurs meilleurs joueurs au Dynamo. Mais pas avec le même succès. Ayant échoué, il se console cette fois avec l’AS Monaco dont il devient le principal sponsor. En attendant, il a noué quelques relations d’importance dans le monde du football. En 2005, il a racheté un certain nombre de joueurs, dont le célèbre brésilien Thiago Silva, à la société Gestifute de Jorge Mendes, l’un des principaux accusés dans le scandale des Football Leaks. Coïncidence troublante, l’actuel président de l’AS Monaco, Dmitry Rybolovlev, a un pedigree en tout point semblable à celui d’Alexeï Fedorichev qu’il a supplanté sur le Rocher. Tous deux ont fait fortune dans les engrais ; tous deux ont d’obscurs liens avec la mafia. Rybolovlev a purgé une peine de onze mois de prison en Russie dans les années 1990, confondu de meurtre. Il a ravagé la région de Perm avec sa mine de potasse Uralkali et devra très probablement en répondre bientôt devant la justice russe. Mais, curieusement, il n’a pas été inquiété par toutes ces affaires quand il s’est agi d’acquérir le club de foot de la Principauté. Quoi qu’il en soit, ses liens avec Alexeï Fedorichev sont étroits. Vadim Vasiliev, qui est le vice-président de l’AS Monaco, a travaillé à la fin des années 1990 comme trader chez Fedcom, la société d’Alexeï Fedorichev. Il fut aussi le directeur des exportations d’Uralkali, la mine d’engrais potassique de Rybolovlev. C’est lui qui a engagé Luís Campos, l’ami de Jorge Mendes, comme conseiller spécial de l'AS Monaco jusqu'en janvier 2016. Si le club de football de Monaco est empêtré à tel point dans le scandale des Football Leaks, c’est d’abord à Alexeï Fedorichev, le patron de Fedcom, son principal sponsor, qu’il le doit. Dmitry Rybolovlev aurait peut-être mieux fait de réfléchir deux fois avant d’imiter les méthodes et d’adopter le réseau d’Alexeï Fedorichev. Mais depuis le temps qu’il fait affaires avec la mafia russe et les malfrats du monde entier, Rybolovlev est-il encore capable de changer ses habitudes ?

07/02/2017

Football Leaks: le tsar du foot monégasque perd son sang-froid

Depuis qu’il figure en bonne place sur la liste des personnalités citées dans l’affaire des Football Leaks, Dmitri Rybololvlev ne décolère pas. Le milliardaire russe rétorque qu’il n’a rien fait d’illégal et qu’à ce titre, son nom n’aurait jamais dû être jeté en pâture au public. «Il n’y a aucune raison d’aller lui chercher des poux dans la tête, ses affaires sont honnête», claironnent ses avocats. Pardi! Plus c’est gros et plus ça passe.



Rappelons les faits: l’indétrônable patron de l’AS Monaco a acheté et revendu, via des sociétés-écrans à Chypres, des parts de joueurs évoluant dans sa propre équipe. «Où est le problème?», demande-t-il aujourd’hui. Inutile d’aller chercher Dmitri Rybolovlev sur le terrain de la morale. Il y a longtemps que le tsar du foot monégasque s’est affranchi de toute considération morale dans ses entreprises. Nombreux sont ceux qui pourraient en témoigner en Russie où sa gestion catastrophique des mines de potasse du groupe Uralkali a laissé beaucoup de gens sans domicile.



Après s’être enrichi sur le dos des mineurs, le sulfureux homme d’affaires continue à amasser une fortune colossale en intriguant dans les coulisses du foot business. Les Football Leaks ont mis en lumière le rôle joué par Dmitri Rybolovlev et ses sociétés dans d’étranges transactions. «Étranges ne signifient pas illégales», surinent l’entourage du président de l’AS Monaco. Rien ne semble pouvoir atteindre l’homme fort du Rocher. Une armada d’avocats et de conseillers en tous genres sont vent debout dès qu’une accusation de corruption ou de blanchiment d’argent est portée contre leur client.



S’ils ont conservé leur passion pour le ballon rond, les Monégasques ont compris depuis longtemps que l’engagement financier du milliardaire russe dans leur club n’avait rien de désintéressé. Avec beaucoup de bon sens, ils se demandent où se cache le piège. La réponse se trouve sans doute du côté de Chypre, qui héberge quelques-unes de ses sociétés offshore ou de l’île de Skorpios où il scelle des pactes d’amitié dans une débauche de faste. Pour Dmitri Rybololvlev, tout s’achète et tout se vend. Combien a-t-il déboursé pour acheter le silence du Rocher? Sans doute très cher.



L’homme d’affaires s’est laissé enivrer par sa propre réussite. Aujourd’hui, il s’estime au-dessus des lois. Mais jusqu’à quand? Tout est faux et tout est truqué dans l’ascension sans partage de l’oligarque russe. Les Football Leaks ont braqué les projecteurs sur la face cachée de son juteux business. Les nervures du système mafieux qui servent ses intérêts sont plus saillantes qu’on l’imaginait. Tapis dans l’ombre, ses complices ne pourront pas s’en sortir à bon compte. Si la justice monégasque a choisi depuis longtemps de tourner la tête, les magistrats des autres juridictions s’intéressent de plus en plus aux nombreux dossiers qui mènent à l’oligarque et à ses amis.