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10/06/2016

AS Monaco? La bonne affaire des transferts ... Suite

Les bons numéros de Monaco

Le Numéro 2 Fabinho, jackpot estimé: 25 millions d’euros

Fábio Enrique Tavares, c’est 188 cm et 78 kg de défense à tendance offensive d’origine brésilienne. Seulement 22 ans, dont 3 passés à l’ASM après Fluminense et le Real Madrid, entre autres. Il est convoité par les plus grands clubs européens qui devront patienter pour le récupérer après la Copa America qu’il disputera avec la Seleção. 25 millions c’est le minimum, car nous ne sommes pas à l’abri de le voir faire des étincelles qui feraient s’enflammer les prix.

Le numéro 3 Layvin Kurzawa, jackpot: 24 millions d’euros

Né à Fréjus, il rejoint le centre de formation de l’ASM, l’Academy, à seulement 15 ans. Coupe Gambardella en poche, il s’affute pour devenir un redoutable latéral. Cédé au PSG l’été dernier pour 24 millions, il passera probablement une partie du prochain à Clairefontaine. Un beau gâchis pour le club qui lâche une de ses stars locales contre un gros chèque et une place sur le banc de touche à Paris.

Le Numéro 17 Yannick Carrasco, jackpot: 20 millions d’euros

Né en Belgique et âgé de 22 ans, Carrasco pourrait presque être considéré comme une monégasque pure souche, bien qu’il soit sélectionné régulièrement avec les diables rouges, l'équipe nationale belge. Milieu de terrain, ses premiers matchs sur le rocher, c’est en CFA qu’il les joue durant deux saisons. Il rejoint ensuite l’équipe A alors en Ligue 2 (2012-2013). Fidèle et pugnace, il sera récompensé de ses bons et loyaux services... en étant revendu de son club fétiche et historique pour se retrouver relégué parmi les réservistes de l'Atlético Madrid contre un chèque de 20 millions pour le patron de l'ASM, Dmitri Rybolovlev.

Le Numéro 22 Geoffrey Kondogbia, jackpot: 40 millions d’euros

Geoffrey Kondogbia est né en 1993. Milieu récupérateur formé au RC Lens, il arrive en 2013 sur le Rocher contre 20 millions d’euros déboursés auprès du FC Séville. L’ASM double la mise en juin 2015 en le vendant à l’Inter Milan qui signe là un des plus gros transferts de son histoire.

Le numéro 23 Anthony Martial, jackpot: 50 à 80 millions d’euros

L’attaquant Anthony Martial arrive à l’AS Monaco à 17 ans, plein de rêves et d'énergie. L’Olympique lyonnais (OL), son club formateur, en demande 5 millions. Un chiffre déjà élevé pour un joueur encore mineur, même si on le présente déjà comme le futur Thierry Henry.

Pendant cet été 2015, le désintérêt de Dmitri Rybolovlev pour les aspects sportifs du club devient de plus en en plus visible, puisqu'il ne fait même plus l'effort d'aller assister aux matchs joués sur le Rocher. Est-ce dû à ses ennuis judiciaires ou la confirmation qu'il n'aura pas la citoyenneté monégasque malgré ses investissements faramineux dans la Principauté? Difficile à dire.

Alors que Martial vient de signer un nouveau contrat courant jusqu'en 2019 avec l'ASM en Juin 2015, le numéro 23 apprend avec surprise dans les dernières heures du mercato d'été qu'il vient d'être vendu à Manchester United... Un changement de maillot, du rouge et blanc au rouge et noir, qui rapporte mieux que n'importe quel investissement, où Rybolovlev encaisse un premier chèque de 50 millions, dans un deal qui prévoit encore 30 millions optionnels supplémentaires soumis à performance.

Difficile d’avoir une estimation précise tant les transferts sont confidentiels, mais 100 millions de bénéfice net pour l'ASM et son patron (hors bonus et intéressements) sur l’exercice 2015 parait être un chiffre cohérent.

La cagnotte de 100 millions

Ce que tout le monde souhaite savoir c’est comment cet excédent budgétaire découlant des transferts va être investi. Président de l'OL, Jean-Michel Aulas a appliqué la même technique. On se souvient de la vente de Benzema et Ben Arfa, et du recyclage des brésiliens magiques appelés à évoluer dans les déserts des émirats pour profiter d’une retraite dorée et bien méritée. La différence c’est que Jean-Michel Aulas avait son grand stade à construire. Monaco n’a pas de problème d’infrastructures.

Peu probable aussi qu’il y ait un changement d’entraîneur, car Leonardo Jardim, dont le contrat court jusqu'en 2019, se plaît en Principauté et les résultats, sans être mirifiques, sont bien meilleurs qu'avant son arrivée. L'avenir de cette tirelire dépendra donc surtout des projets à venir du propriétaire du club. Et c'est là que l'inquiétude grandit.

Ceux qui le croyaient passionné de football ont vite déchanté. Homme d'affaires, souvent présenté comme froid et calculateur, Rybolovlev voit l'ASM autant comme un business que comme une carte de visite "haut de gamme" pour s'insérer dans le microcosme du Rocher.

La question de l'avenir se pose donc de manière légitime. D'autant plus que les projets d'installation durable à Monaco ne semblent plus d'actualité. En effet, le milliardaire n'est pas apparu dans les tribunes depuis plusieurs mois et n'occupe plus son immense appartement loué de 1600 m2, alors que certains de ses proches collaborateurs historiques et soutiens locaux sont désormais dans le collimateur des autorités de la Principauté.

La question de la volonté du milliardaire Rybolovlev de garder cette carte de visite dans un territoire qui ne l'intéresse plus renforce la crainte des monégasques de voir cette cagnotte repartir avec son propriétaire milliardaire vers d'autres rivages, plus sensibles à ses moyens et plus tolérants du point de vue judiciaire.

Alors que l'importance des transferts est toujours plus grande après une coupe de l'UEFA, les prochains mois seront décisifs pour l'avenir du club. Une chose est donc sûre: bien que le public du stade Louis II soit froid, cet été, le mercato sera chaud à Monaco.