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07/02/2017

Football Leaks: le tsar du foot monégasque perd son sang-froid

Depuis qu’il figure en bonne place sur la liste des personnalités citées dans l’affaire des Football Leaks, Dmitri Rybololvlev ne décolère pas. Le milliardaire russe rétorque qu’il n’a rien fait d’illégal et qu’à ce titre, son nom n’aurait jamais dû être jeté en pâture au public. «Il n’y a aucune raison d’aller lui chercher des poux dans la tête, ses affaires sont honnête», claironnent ses avocats. Pardi! Plus c’est gros et plus ça passe.



Rappelons les faits: l’indétrônable patron de l’AS Monaco a acheté et revendu, via des sociétés-écrans à Chypres, des parts de joueurs évoluant dans sa propre équipe. «Où est le problème?», demande-t-il aujourd’hui. Inutile d’aller chercher Dmitri Rybolovlev sur le terrain de la morale. Il y a longtemps que le tsar du foot monégasque s’est affranchi de toute considération morale dans ses entreprises. Nombreux sont ceux qui pourraient en témoigner en Russie où sa gestion catastrophique des mines de potasse du groupe Uralkali a laissé beaucoup de gens sans domicile.



Après s’être enrichi sur le dos des mineurs, le sulfureux homme d’affaires continue à amasser une fortune colossale en intriguant dans les coulisses du foot business. Les Football Leaks ont mis en lumière le rôle joué par Dmitri Rybolovlev et ses sociétés dans d’étranges transactions. «Étranges ne signifient pas illégales», surinent l’entourage du président de l’AS Monaco. Rien ne semble pouvoir atteindre l’homme fort du Rocher. Une armada d’avocats et de conseillers en tous genres sont vent debout dès qu’une accusation de corruption ou de blanchiment d’argent est portée contre leur client.



S’ils ont conservé leur passion pour le ballon rond, les Monégasques ont compris depuis longtemps que l’engagement financier du milliardaire russe dans leur club n’avait rien de désintéressé. Avec beaucoup de bon sens, ils se demandent où se cache le piège. La réponse se trouve sans doute du côté de Chypre, qui héberge quelques-unes de ses sociétés offshore ou de l’île de Skorpios où il scelle des pactes d’amitié dans une débauche de faste. Pour Dmitri Rybololvlev, tout s’achète et tout se vend. Combien a-t-il déboursé pour acheter le silence du Rocher? Sans doute très cher.



L’homme d’affaires s’est laissé enivrer par sa propre réussite. Aujourd’hui, il s’estime au-dessus des lois. Mais jusqu’à quand? Tout est faux et tout est truqué dans l’ascension sans partage de l’oligarque russe. Les Football Leaks ont braqué les projecteurs sur la face cachée de son juteux business. Les nervures du système mafieux qui servent ses intérêts sont plus saillantes qu’on l’imaginait. Tapis dans l’ombre, ses complices ne pourront pas s’en sortir à bon compte. Si la justice monégasque a choisi depuis longtemps de tourner la tête, les magistrats des autres juridictions s’intéressent de plus en plus aux nombreux dossiers qui mènent à l’oligarque et à ses amis.

07/10/2016

Le Président de l'AS Monaco bientôt derrière les barreaux?

Avis de tempête pour Dmitry Rybolovlev: retour du passé, enquêtes sur Uralkali, le radeau de l'oligarque aux mains sales prend l'eau de toutes parts… L'heure des comptes a-t-elle sonné pour le vautour de l'Oural?

Vivant sans partage du fruit de ses rapines, le président de l'AS Monaco Dmitry Rybolovlev se pensait à l'abri des revers de fortune, coulant des jours heureux dans sa résidence ultra-protégée à Monaco ou sur son île interdite à la navigation de Skorpios. C'était sans compter le retour de bâton d'une époque qu'il croyait oubliée, celle du capitalisme sauvage des années 1990 à Perm en Russie, qui l'a vu accumuler un capital extraordinaire, entre prises de majorité frauduleuses dans les fleurons de l'industrie soviétique et assassinats de rivaux gênants. Celle des connexions mafieuses, qui lui évitent la prison pour meurtre et lui assurent la réussite sociale des nouveaux riches dans tout ce qu'elle a de plus repoussant. Celle aussi de la gestion catastrophique, pour ne pas dire criminelle, des mines de potasse d'Uralkali à Berezniki, dont l'effondrement dans la catastrophe de 2006 a occasionné des milliers de sans-abris, tandis que leur propriétaire se vautrait dans le luxe le plus inouï à Gstaad ou Monaco. Cette année-là, des gouffres immenses s'étaient formés et avaient emporté des quartiers entiers de la ville de Berezniki située en-dessus des mines. Non content de ne pas avoir investi un seul centime en Russie après l'avoir pillée de la pire des façons, Dmitry Rybolovlev avait alors assuré le service minimum pour la gestion de l'après-catastrophe, se contentant de faire le dos rond devant les autorités scandalisées par l'incurie du rapace de Perm, et profitant de la première occasion pour vendre l'entreprise, empochant au passage plus de cinq milliards de dollars.

En effet, le paranoïaque russe, connu pour son obsession de la sécurité et son aversion du risque, savait qu'il risquait gros en Russie, car poussé par son avarice légendaire il avait rogné sur les travaux de réfection et d'entretien des mines, et y était pour beaucoup dans la catastrophe de Berezniki. Il s'était donc empressé de se débarrasser de la patate chaude tant qu'il s'en trouvait preneur. Lors d'une conférence de presse, le Ministre russe de la gestion des catastrophes naturelles de l'époque Serguei Choïgou n'avait-il pas alors fustigé l'indécence du propriétaire d'Uralkali, "plus gros contribuable de Suisse", et pourtant rechignant à assumer les conséquences humaines et financières de son incroyable incurie?

Or, voilà que le 5 octobre dernier, le Président russe Vladimir Poutine, lassé de constater que des milliers de personnes n'ont toujours pas été relocalisés convenablement depuis 2006, a ordonné l'ouverture d'une enquête à la loupe sur Uralkali, et demandé au Procureur Général "de vérifier que l'entreprise soit "en conformité avec la législation russe" sur l'exploitation des mines. Date d'échéance de l'enquête: 1er décembre. Un tel empressement ne peut dire qu'une seule chose selon l'ensemble des observateurs: une sévère reprise en main de l'entreprise est attendue, dont l'historique sera passé au peigne fin, et les coupables de mauvaise gestion promis à de lourdes sanctions. Voilà qui garantit bien des nuits d'insomnie à l'oligarque en disgrâce dans la solitude de son appartement monégasque à 400 millions d'euros.

 

07/07/2016

Rybolovlev et la mafia, des relations troubles

Bien que Dmitry Rybolovlev soit classé parmi les hommes les plus riches du monde par le magazine Forbes, peu de choses transparaissent sur son passé. Pourtant, l'homme a été mêlé à de nombreux scandales, dont un meurtre, et ses relations avec la mafia russe sont désormais avérées.

Une histoire ancienne

Les relations entre Dmitry Rybolovlev et la mafia russe remontent au début de sa carrière d'entrepreneur lorsque celui-ci a acquis les parts de la plus importante société d'engrais chimique russe, Uralkali. Plusieurs rumeurs indiquent que le futur milliardaire a utilisé à maintes reprises ses liens avec des criminels pour faire main basse sur les parts d'Uralkali et de plusieurs entreprises de la région de Perm. La rumeur se confirmera lorsque, quelques années plus tard, Rybolovlev rachète une partie de Neftekhimik. Le directeur de l'entreprise, Evgeny Panteleymonov, insiste auprès de l'oligarque pour qu'il rompe toute relation avec la mafia, ce qui lui coûtera la vie. Soupçonné d'assassinat, Rybolovlev est incarcéré plusieurs mois puis remis en liberté après l'intervention de ses associés criminels.

Zones diamantifères

En 2001, Dmitry Rybolovlev a conclu un accord avec le mafieux notoire Lev Levaev autour de gisements de diamants de la région de Perm. Les deux hommes revendiquaient chacun la propriété de plusieurs zones diamantifères qui devaient être proposées à la concurrence. Par un jeu de pouvoir et de relations, Levaev et Rybolovlev sont parvenus à s'approprier la totalité des licences d'exploitation des mines de diamants, éliminant sans gêne tout potentiel concurrent.

Mafia monégasque

Dès son arrivée sur Le Rocher, le milliardaire sans scrupule a commencé à se construire un réseau de relations utiles, parmi lesquelles Philippe Narmino, le controversé ministre de la justice monégasque impliqué dans plusieurs collusions et Michel Dotta, agent immobilier aux amis peu recommandables. Les trois hommes se rencontrent fréquemment au cours de réceptions auxquelles sont conviés plusieurs parrains de branches siciliennes et calabraises de la mafia, selon un rapport de police. En tout état de cause, Dmitry Rybolovlev ne peut garder le masque très longtemps !